Sur le RING

Arkadi Babtchenko, La Couleur de la guerre

SURLERING.COM - THE BOOKMAKER - par Pascal Adam - le 22/03/2010 - 1 réactions - Facebook Twitter Wikio print.jpg, 760B

« À la guerre, l’homme change vite, et si, le premier jour, un mort peut l’effrayer, au bout d’une semaine il est capable de manger de la viande en daube confortablement accoudé sur une tête arrachée. »
 
 
Pas d’héroïsation, pas de victimisation, ni géopolitique ni misérabilisme, juste le pauvre troufion jeté dans une guerre à laquelle il ne comprend rien, sinon qu’il va être tellement difficile d’en sortir vivant qu’en sortir entier ou pas n’a aucune espèce d’importance. Et tout de suite, on y est. Dans le froid, la boue, la flotte, l’organisation merdique et la violence. Pas de lyrisme, pas de surplomb intellectuel ou métaphysique, juste le récit. Et nous suivons les pérégrinations du soldat Artiome aux environs de la petite ville d’Alkhan-Iourt où la bataille est engagée contre les « Tchèques », c’est-à-dire les Tchétchènes.
 
« Sous les roues défilait la Chaussée fédérale « Caucase », la fameuse voie dont il avait tant entendu parler au journal télévisé avant son service. Naguère, ce nom le fascinait. Pour lui il chantait, exprimait quelque chose d’immense, un peu comme l’Empereur de Toutes les Russies, non pas le tsar, mais l’Empereur ! Là, il ne s’agissait pas d’une route ordinaire, mais d’une Chaussée fédérale. Or maintenant qu’il la parcourait, il n’y voyait rien de fédéral ni d’immense ; c’était une route fédérale à trois voies, banale, pas entretenue ni refaite depuis longtemps, percée de trous d’obus et encombrée de branches, pitoyable, comme tout en Tchétchénie. »

Extrait tiré de la page 17 où les soldats sont en route pour Alkhan-Iourt et qui sonne ici comme « l’art poétique » d’Arkadi Babtchenko. Pour l’instant, tout cela est très lisible, presque désagréablement agréable, mais ce principe littéraire consistant à ne jamais se détourner de la réalité va dans le cours du livre placer le lecteur dans des conditions assez éprouvantes, tempérées toutefois par le fait que lire ce qu’il lit est d’évidence beaucoup moins atroce, tout de même, que de le vivre. Contradiction motrice.
 
« Alkhan-Iourt » est le premier des treize récits composant La Couleur de la guerre. C’est aussi le titre original du recueil. Que je ne sais quelle volonté éditoriale et commerciale a ainsi poétisé en Couleur de la guerre, à rebours de tout le travail d’écriture de l’auteur. Guère plus littéraux, mais un peu plus fidèles à l’esprit général, les Anglo-Saxons ont traduit par One Soldier’s War.

La Couleur de la guerre, donc, est composé de deux parties. Chaque partie est composée d’un grand récit, « Alkhan-Iourt » inaugurant la première, le difficilement soutenable « Mozdok-7 » éclatant peu après le début de la seconde.

Babtchenko ne romance pas, il dit. Cela ne l’empêche absolument pas de savoir écrire et composer. Ainsi entrons-nous dans son livre directement au cœur de la guerre, au cœur de cette seconde campagne de Tchétchénie, tandis que la seconde partie aura trait à la première guerre. Au moins entrons-nous directement dans la guerre, dans les faits de guerre, en suivant Artiome et l’armée russe en loques, sans intendance digne de ce nom et ne songeant pas un instant à cacher à ces soldats qu’ils sont juste de la chair à canon, vers Alkhan-Iourt ; et donc sans nous douter que l’extrême violence de cette guerre nous sera beaucoup moins insupportable que les moments de paix relative, dans un camp en léger retrait du front, que le soldat Babtchenko nous fera vivre plus tard…
 
Les Russes aux environs d’Arkhan-Iourt sont aux prises avec des snipers « tchèques ». Artiome en repère un, dans une maison. Tous les soldats présents mitraillent la baraque, que l’on finit d’une roquette. Le lendemain, Artiome apprend que se trouvaient seulement dans cette maison un grand-père et sa petite fille.

« Si Artiome n’avait pas hurlé : « Il est là ! » le commandant de bataillon aurait donné l’ordre de mitrailler le bourg une minute plus tard, et la petite fille et son grand-père auraient eu le temps de se réfugier dans la cave.
La veille, il avait tué un enfant.
Artiome se sentit mal.
Mais il n’y avait rien à faire, il n’existait aucune issue, il ne pourrait demander pardon à personne. Il avait tué, point final, son crime était irréversible.
Désormais, toute sa vie, il resterait un assassin d’enfant. Et il vivrait avec ce boulet. Manger, boire, élever des enfants, se réjouir, rire, avoir de la peine, tomber malade, aimer. Et…
Embrasser Olga [sa fiancée à Moscou]. Effleurer cette créature pure, lumineuse, aérienne, de ces mains meurtrières. Toucher son visage, ses yeux, ses lèvres, ses seins si tendres et vulnérables. Et laisser sur sa peau transparente les empreintes de la mort, les traces sales, graisseuses de la mort. Des mains, des mains, des mains maudites ! Il faudrait les jeter. Les couper et les jeter au diable. Il n’existait désormais plus aucun moyen de se purifier. »


Il raconte à Oleg ce qu’il a fait, et celui-ci lui dit :

« Si tu te prends la tête chaque fois, tu vas devenir dingue. Ici on tue, c’est comme ça. Eux nous tuent, nous on les tue. Moi aussi j’ai tué. C’est la guerre, merde. »

Et aussi, à propos de la petite fille :

« Elle est morte, toi tu es vivant, mais tous deux vous pourrissez : elle sous la terre, toi au-dessus. Qui sait, peut-être un jour seulement vous sépare ? »
Artiome pense à se tuer, met le canon dans sa bouche. Mais non. Le lendemain, les soldats quittent la plaine.
« Mais cette plaine, jamais il ne pourrait l’oublier. C’est là qu’il avait perdu la vie, là que l’homme était mort en lui […]. Et c’est là qu’était né le soldat. Un bon soldat, vide, avec une tête creuse, des entrailles de glace et une haine pour le monde entier. Sans passé ni avenir. »
 
Nous sommes en gros à la fin du premier récit, au quart du livre, vers janvier 2000. Et nous commençons à comprendre que nous venons seulement d’arriver. Qu’Arkadi Babtchenko nous a jusqu’ici prodigieusement ménagés. Il y a plusieurs narrateurs, tous ne sont pas identifiés, dont l’auteur lui-même. Des moments pris selon des points de vue proches, mais différents. A Artiome considéré plus ou moins comme déserteur à l’issue d’une permission et qui reçoit comme sanction non de retourner au front mais de ramener les corps de ses camarades tués à leurs parents, correspond dans la seconde partie le jeune soldat Babtchenko dans la première guerre (1996), déchargeant les corps que les hélicos ramènent du front. À ces vieillards de vingt années après la guerre correspondent aussi ces puceaux ignorant presque tout de la vie avant de partir au front parce que leurs parents ne sont pas assez riches pour leur payer une dispense… À cette innocence des soldats débarquant souvent de provinces reculées de l’Empire correspond aussi ce profond cynisme des vétérans qu’ils seront quelques années plus tard :

« Nous sommes pires que des centenaires décrépits. Eux au moins ont peur de la mort, alors que nous, nous n’avons plus peur de rien. Nous sommes des vieillards, car être vieux, c’est vivre du passé, n’est-ce pas ? Or il ne nous reste que le passé. La guerre a été l’acte le plus important de notre existence, et nous l’avons accompli. La meilleure partie de notre existence, sa partie la plus lumineuse, a été la guerre. Il n’y aura désormais rien de meilleur. Et sa partie la plus noire, la plus sordide a aussi été la guerre. Il n’y aura rien de pire non plus. J’ai vécu ma vie. »

Car nous allons en croiser des soldats cassés, des mutilés, des rendus vides et à peu près inaptes à tout, des assoiffés de sang, des cinglés. Des officiers écroulés de rire en regardant comme sur un écran par la fenêtre monter leurs propres soldats à l’assaut et se faire laminer. Et tous eux-mêmes pris dans une armée désordonnée, monstrueuse, violente, où du haut jusqu’au bas de la hiérarchie la parole a disparu et où l’on ne s’exprime plus, au mieux, qu’à coups de pains dans la gueule, voire carrément de torture, et jusque dans les moments de paix relative, de calme, de cessez-le-feu. Nous allons en croiser des soldats qui, revenus à la vie civile, ne sont pas sortis du tout de cette guerre au point, assistant à une cérémonie dans un cimetière, de ne plus savoir s’ils sont chez eux ou là-bas, et si ce sont des croix ou des croissants qui ornent les tombes. Et à tel point que comme Arkadi Babtchenko lui-même, ces soldats de la première guerre de Tchétchénie qui ont vécu l’enfer, n’auront finalement d’autre choix que de se porter volontaires pour y retourner lors de la seconde guerre. Nous allons en croiser des mères russes venues de toutes les Russies rechercher leurs fils, dont elles sont sans nouvelles, jusqu’au cœur des combats, quitte à servir de cibles aux condisciples de ceux-ci dans tel ou tel bourg tchétchène en ruine, au risque de se faire enlever, violer, égorger, ou, au mieux, réduire en esclavage par les « barbus » tchétchènes… Oui, nous allons en croiser des gamins de dix-huit ans, n’ayant jamais connu l’amour et presque rien du reste, propulsés directement en enfer, c’est-à-dire, en premier lieu, dans l’armée russe. Des soldats à peine sortis des « classes » que personne n’entraînera, auxquels personne n’apprendra le maniement des armes avant de les envoyer se faire massacrer par les « Tchèques ». Des soldats affamés, aux plaies purulentes pas soignées, vendant leurs propres munitions aux « Tchèques » pour avoir de l’argent à donner à leurs supérieurs qui les rackettent chaque fois qu’ils reviennent du front, des soldats torturés pour avoir vendu des armes à l’ennemi, battus à mort, pendus par les pieds, affublés d’un gilet par balle et servant de cibles à des officiers bourrés à la vodka… Des soldats qui, revenus à la vie civile, seront capables de se reconnaître entre eux simplement à cause de leur regard. Des soldats qui, cantonnés en léger retrait du front, et déchargeant chaque jour les hélicoptères bourrés de soldats morts, estropiés, partis en fumée qu’on ramène et fout en tas, supplieront d’aller au combat plutôt que de rester là, à se faire battre, torturer ou violer. « La nuit, dérouillée sur dérouillée… Et le jour, on décharge les cadavres. » Des soldats qui, au front, en viennent à envier leur camarade à la mâchoire arrachée parce que lui, au moins, va pouvoir rentrer à la maison, même atrocement mutilé. Des « esprits », jeunes appelés, battus, estropiés, qui, devenus « quillards » (c’est-à-dire proches enfin de la quille) à leur tour, ne se comporteront pas différemment avec les nouveaux venus. Des bleus incapables de supporter la première journée et qui désertent, partent en pleine Tchétchénie sans presque aucun espoir de survivre aux « Tchèques », préférant finir égorgés par les barbus, ou mutilés par les « pièges à cons », ou esclaves. La dedovchtchina, que le terme potache de bizutage est incapable de traduire, est proprement invraisemblable. Les récits de la seconde partie sont à cet égard terrifiants. Le narrateur ici s’appelle Babtchenko.
 
Finalement, s’il arrive une chose terrible à ce livre terrible, c’est bien de nous avoir pour lecteurs, nous, Occidentaux ; parce que cette plongée de quelques heures de lecture au cœur même de ces atroces campagnes de Tchétchénie, peut-être apparentée au plus sordide tourisme littéraire, ne peut que nous faire préférer notre léthargique par temps de crise, avec son fascinisme de pacotille et ses désirs à peine sortis de chambre froide ; et ne nous laissera pas entrevoir, peut-être, que lui aussi, avec ses idéologies délirantes d’utopies de tous poils et l’exacerbation volontaire de communautarismes plus ou moins culturels, pourrait bien également nous plonger quelque jour dans des affres dont on ne peut pas souhaiter qu’elles soient jamais comparables à celles que nous décrit si « bien » Arkadi Babtchenko.
 
« Pour nous, il n’existe pas d’autre châtiment que la mort, parce que tout le reste c’est la vie. »
 
 
Pascal Adam
 
 
Arkadi Babtchenko, La Couleur de la guerre, Paris, Gallimard, Collection « Du monde entier », 2009, traduit du russe par Véronique Patte, 26 €.


Toutes les réactions (1)

1. 24/03/2010 23:34 - Paméla Ramos

Paméla RamosBel article, je n'arrive pas pour ma part à très bien saisir pourquoi je reste en surface, de façon assez désespérante puisqu'assez versée en temps de paix dans ces lectures féroces. J'essaye de comprendre ce qui, dans le style ou la narration me laisse méfiante, circonspecte. Me voici bien ennuyée, voyez-vous... Mais j'avais relu un peu avant un de ses auteurs préférés, Remarque, et son A l'Ouest rien de nouveau, et certaines similitudes sont assez frappantes. Vous n'avez trouvé aucun lyrisme ? Je vois ci et là quelques percées, comme Remarque le faisait également, discrètes, émouvantes, mais pourtant, il manque quelque chose, et je décroche, l'auteur m'est pourtant sympathique mais ce bouquin n'aura eu de cesse de me tomber des mains. Rhaa... pourquoi la sauce ne prend-elle pas ?

réagissez, commentez, publiez, vous êtes sur le ring



Veuillez saisir le code Anti-Robot, ce code sert à vérifier que vous n'êtes pas un Robot.
Ring 2012
Dernière réaction

Bel article, je n'arrive pas pour ma part à très bien saisir pourquoi je reste en surface, de façon assez désespérante puisqu'assez versée en temps de paix dans ces lectures féroces. J'essaye...

Paméla Ramos24/03/2010 23:34 Paméla Ramos
MgDantec
Articles les plus lus
  • Pour Sarkozy, avec ferveurPour Sarkozy, avec ferveur

    NB : Cette tribune libre n'engage pas l'ensemble des chroniqueurs de Surlering.com.Aux « déçus » du sarkozysme.En France, nous avons toujours eu la gauche la plus nulle et la plus fourbe du monde...

  • Satellite Sisters : suite de la sirène rouge, des racines du mal et de Babylon babiesSatellite Sisters : suite de la sirène rouge, des racines du mal et de Babylon babies

    Le manuscrit Satellite Sisters, suite de la Sirène rouge, des racines du mal et de Babylon Babies, est dans les airs entre Cape York et Paris, direction les éditions Ring. Le site officiel des...

  • Qu’est-ce que la Résurrection ?Qu’est-ce que la Résurrection ?

    « Mais si le Christ n’est pas ressuscité, vide alors est notre message, vide aussi votre foi. » (1 Co 15, 14)  Encore une fois, Benoît XVI a tout dit. Sans...

  • Richard Wagner, un antisémite maître spirituel de Hitler ?Richard Wagner, un antisémite maître spirituel de Hitler ?

    À propos du livre de Pierre-André TAGUIEFF, Wagner contre les Juifs (Berg International, 2012)Définir aussi précisément que possible l’antisémitisme de Wagner, sans tomber dans...

  • Réflexions sur la tuerie antijuive de ToulouseRéflexions sur la tuerie antijuive de Toulouse

    (propos recueillis par Christophe Ono-dit-Biot) pour Le Point, 22 mars 2012, pp. 54-57 ; texte publié avec quelques coupes sous le titre : « Israël joue le rôle du diable ». Cet entretien a...

  • "Finance pousse-au-crime" : la preuve, enfin"Finance pousse-au-crime" : la preuve, enfin

    Cela devait arriver. Car de longue date, toute loyauté raillée, toute fidélité abolie, les requins de Wall Street ne nagent plus que « dans les eaux glacées du calcul égoïste » (dixit Karl...

  • Qui ?Qui ?

     Assassinats. Militaires. Petits enfants. Montauban et Toulouse. Ecole juive. 11,43 et 9mm. Indignation, compassion, consensus. Campagne suspendue par le PS. Une minute de silence dans les écoles...

  • Carnets de campagneCarnets de campagne

    Les campagnes électorales sont des périodes d'extrême saturation des ondes et des conversations, un peu comme aux César ou aux Victoires de la musique, où les animateurs-fonctionnaires s'agitent...

  • A l’école de l’antimodernitéA l’école de l’antimodernité

    Puisque nous sommes en début d’année, puisque cette année sera politique ô combien, puisque, on me permettra cette très vaniteuse remarque, ma troisième saison au Ring commence aujourd’hui,...

  • Les étoiles 2011 de DantecLes étoiles 2011 de Dantec

    "Il vaut mieux attraper la peste que rencontrer certaines personnes ; à l'inverse, on ne pourrait vivre en passant à côté de certaines rencontres" ("Manuel de survie en territoire zéro").Maurice...

  • Le superbe top 50 des FrançaisLe superbe top 50 des Français

    Puisqu'on vous dit que vous les aimez. "TOP 50 : contre la crise, rire, métissage et proximité", voilà comment on nous présente le "sondage-événement" du JDD, censé établir la liste...

  • Rachida Dati creuse son FillonRachida Dati creuse son Fillon

    Que le Premier ministre me pardonne ce jeu de mots sur son nom pour le titre de ce billet mais il est vrai qu'il convient de ramener à sa juste mesure la guerre que depuis quelque temps Rachida Dati...

  • Sécurité routière : l'arnaque extra-largeSécurité routière : l'arnaque extra-large

    Puisque dans ce domaine, la répression règne sans partage sur la prévention, sans que ça n'indigne personne, pas même Stéphane Hessel. Rééquilibrons les choses en faisant un peu de...

  • Poudlard for everPoudlard for ever

     A Raphaël Juldé, dernier arrivé à Poudlard mais premier reçu aux buses et aux aspics (maison Poufsouffle), et qui, d’après le professeur Trelawney rencontrera plus tôt qu’il ne le croit...

  • Rokhaya Diallo, l’antiracisme à visage inhumainRokhaya Diallo, l’antiracisme à visage inhumain

    « Non seulement les races n’existent pas, mais en plus, elles sont toutes égales » (proverbe de Jalons)Je viens de finir Racisme : mode d’emploi de Rokhaya Diallo, et je sais désormais que je...

  • Séduction du conspirationnisme : Umberto EcoSéduction du conspirationnisme : Umberto Eco

    Entretien avec Pierre-André Taguieff (propos recueillis par Paul-François Paoli)Philosophe, politologue en historien des idées, Pierre-André Taguieff, qui prépare un nouveau livre sur les...

  • Les révoltes arabes, les intellectuels français et la pensée "complexe"Les révoltes arabes, les intellectuels français et la pensée "complexe"

    Voici deux mois, le jeune Mohamed El-Bouazizi décédait l’hôpital de Ben Arous, et la Tunisie s’embrasait, entraînant à sa suite nombre de pays arabes. Voilà un mois, un étrange débat...

  • Faces Of Jesus : les figures et la parole du Christ dans le rockFaces Of Jesus : les figures et la parole du Christ dans le rock

    Foi profonde, révélation, référence culturelle inévitable, sujet de plaisanterie, de provocation, démarche commerciale, la figure, ou plutôt Les figures du Christ sont une source...

  • In Xto Rege : à la recherche du Jésus historiqueIn Xto Rege : à la recherche du Jésus historique

    Le premier thema Ring 2011 se déploiera sur neuf textes articulés autour des questions centrales posées par la matérialité de Jésus de Nazareth, la Passion, les reliques, leurs valeurs...

  • Le suaire de Manoppello révèle le visage du ChristLe suaire de Manoppello révèle le visage du Christ

    On connaît le linceul de Turin, ce grand morceau de lin sur lequel l’image du corps entier du Christ mort est incrustée. On connaît l’histoire de la photographie de 1898 révélant que...

  • Ainsi parlait ZaraDebbouztraAinsi parlait ZaraDebbouztra

    Presque par bonheur, on l'avait oublié. Le revoilà. Jamel Debbouze a choisi l'Express (c'est de circonstance, il y a vraiment quelque chose de ferroviaire dans cet entretien) pour exercer son...

  • Y a-t-il un futur euthanasié par ici ?Y a-t-il un futur euthanasié par ici ?

    Le texte qui prévoyait de légaliser l'euthanasie, examiné mardi au sénat, a été supprimé par deux amendements. S'il y avait bien quelque chose à supprimer, c'était ce texte, n’importe...

  • Céline rattrapé par la mémoireCéline rattrapé par la mémoire

    Sors d'ici, Louis-Ferdinand ! La République a choisi : l'ignoble sera au dessus du grand, pour l'éternité. Il ne faut pas célébrer le génie, parce qu'il est parfois antisémite. Oui, Céline...

  • Broadcast : the dream is overBroadcast : the dream is over

    Chanteuse et icône du groupe, Trish Keenan n’est plus. La grande sœur idéale s’en est allée planer au dessus des nimbus qui plombent Birmingham. Avant que de sombrer dans l’oubli, laissons...

  • Benoît XVI - Un cœur intelligentBenoît XVI - Un cœur intelligent

    Lecture de Lumière du monde, un entretien de Benoît XVI avec Peter Seewald :  Lumière des siècles contre siècle des lumières.Les communistes avaient tenté de se débarrasser de Jean-Paul II...

  • Robert Brasillach : le procès expédiéRobert Brasillach : le procès expédié

    Il en va de certains écrivains comme des maladies vénériennes. Tout le monde les connaît mais personne n'en parle. Ainsi de Robert Brasillach dont il suffit de prononcer le nom au beau milieu...

  • Du bon et du mauvais usage de l’indignationDu bon et du mauvais usage de l’indignation

    Il est sympathique ce Stéphane Hessel avec sa gueule du vieux qui sait et son histoire héroïque de grand résistant,  grand bourgeois, grand lettré,  grand amoureux des femmes (il en a eu cinq...

  • Terreur et martyre : il était minuit à AlexandrieTerreur et martyre : il était minuit à Alexandrie

    Il était minuit à Alexandrie.« Le martyre est l’expression absolue de notre amour » Mgr Louis Sako, archevêque chaldéen de Kirkouk Alexandrie, Egypte. 2010 vit ses derniers instants, tels ces...

  • Assises islamisation : c'est la lutte prime-timeAssises islamisation : c'est la lutte prime-time

    La jurisprudence Marine Le Pen est passée par là : se demander si les musulmans peuvent être "trop", sous des latitudes où il faut bien reconnaitre qu'ils se sont séculairement contentés...

  • Chemins de traversChemins de travers

    « Voici un étrange monstre », aurait (re)dit Corneille. La pièce que nous donne à lire Ariane Chemin dans son article sur le souper Houellebecq-Sarkozy du 14 novembre, pour être somme toute...

  • PS : les intermittents de la réalité en tournéePS : les intermittents de la réalité en tournée

    Même si Benoît Hamon doit en être à sa quarantième boite de Valium, il faut reconnaitre qu'il n'y a que le PS pour égayer ainsi nos froides soirées d'hiver. Tout d'abord, l'ineffable...

  • "Bertrand Cantat ne pouvait plus écrire la moindre strophe.""Bertrand Cantat ne pouvait plus écrire la moindre strophe."

    Biographe de Bashung, chroniqueur historique des Inrockuptibles, l'écrivain Marc Besse est aussi l'un des rares spécialistes de Noir Désir. Proche du groupe, cet écorché vif ne pouvait rester...

  • Blondeincendiaire.com : the murder chat roomBlondeincendiaire.com : the murder chat room

    (reportage vidéo à ne pas louper en fin de chronique)Au moment où Wikileaks relance le débat sur la place de la transparence dans la vie démocratique avec ses soit-disantes « révélations »...

  • Cantona : quand wall street veut casser la banqueCantona : quand wall street veut casser la banque

    Cantona, qui envisage désormais la lucarne de l'Elysée, avait créé la polémique en 2011 avec sa première tentative de "révolution". Retour, avec Laurent Obertone, sur le premier coup de poker...

  • Quelques traces de rouge à lèvres…Quelques traces de rouge à lèvres…

    Et si Alain Bashung avait trouvé dans l’art de la reprise, un sens pour sa propre musique ? Voilà la relecture de l’œuvre que propose « Osez Bashung », un double album compilatoire qui met...

  • Teresa Cremisi nous répond sur l'affaire Florent GallaireTeresa Cremisi nous répond sur l'affaire Florent Gallaire

    Ancien bras droit d'Antoine Gallimard, Teresa Cremisi est depuis 2005 PDG de Flammarion. Éditrice de Michel Houellebecq, la numéro 2 du groupe Corriere Della Sera répond aux questions soulevées...

  • Exil(s) ExpressExil(s) Express

    Géraldine Woessner a été reçue au domicile de Maurice G. Dantec à Montréal. Une conversation autour de l'exil, du Québec, de l'hexagone et ses écrivains, du roman qu'il prépare pour 2011 et...

  • Et si les chômeurs ne chômaient plus ?Et si les chômeurs ne chômaient plus ?

    Faire travailler les chômeurs, voilà "une joyeuse bonne idée", comme dirait Jolitorax, dans Astérix chez les Bretons. Bon, dans l'absolu, c'est n'est pas nouveau. Parait que François Mitterrand...

  • Les banlieues hallucinées de la "sociologie critique"Les banlieues hallucinées de la "sociologie critique"

    Précisions : sur qui s’appuyer pour faire la révolution ?Comme dernier avatar après bien d’autres (on le verra plus bas), le bas clergé académique, tendance « sociologie critique », nous...

Offrez-vous le dernier Taguieff