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Adèle Blanc-Sec : why so serious ?

SURLERING.COM - CULTURISME - par Pierre Schneider - le 26/04/2010 - 9 réactions - Facebook Twitter Wikio print.jpg, 760B

Le Joker du Dark-Knight avait décidément tout compris : Luc, Why so serious ?




J’avais compris, sans doute était-ce un rêve, que Luc Besson ne ferait plus de films. Je me suis pourtant retrouvé, les hasards des sorties et des soirées aidant, devant Adèle Blanc-Sec. Nous avons en effet l’habitude, un de mes amis auditeurs et moi, de nous faire une toile de temps à autre. L’expérience nous a appris que le choix partagé de ces films nous fait souvent tomber sur d’immondes croutes. C’est ainsi, le système collégial ou démocratique ne nous vaut rien.

C’est donc sans attente particulière que je me suis retrouvé devant cette nouvelle production du plus surestimé de nos cinéastes. Je ne me demandais pas tant si elle serait bonne que par où elle pècherait. Maintenant que je le sais, difficile de savoir par où commencer.

N’étant pas un fan de Tardi, je ferai l’impasse sur l’adaptation des bandes dessinées. Il paraît que ce n’est pas assez sombre. Je puis en revanche témoigner que le « style » Besson est toujours aussi mauvais. Ce n’est pas filmé comme il faut, pas cadré comme il faut, pas monté comme il faut. Les scènes du début, à la Indiana Jones, en Egypte, sont comme une resucée du Cinquième Elément. On y découvre un méchant qui ne reparaitra plus de la suite – sans doute avait-il rendez-vous avec son orthodontiste. Place alors au ptérodactyle, qui se manifeste dans un Paris peuplé uniquement de policiers alcooliques semblables aux Dupond/t mais proliférant comme les objets dans une pièce de Ionesco. Il y en a plein, ils sont tous cons, tous incapables et en plus, ils picolent.

C’est dire que l’humour de ce film… disons, pour être décent, qu’il est tant éculé qu’il fait passer celui de la Grande Vadrouille pour une révolution. On s’attend à voir surgir, en accord avec ce décor de Paris néo-ringard, quelque comique troupier qui pète en chantant : on aura à la place un monstre préhistorique qui chie sur la caméra, du haut de la tour Eiffel. Et le cliché ne s’arrête pas là. Dès qu’un bourgeois en goguette voit, toujours sur la rue de Rivoli,  quelque chose de curieux, il s’évanouit. Le chasseur de lions (affligeant Jean-Paul Rouve) est forcément un tartarin. Et les momies, quoique visuellement réussies, prolifèrent elles aussi en faisant preuve d’un esprit qui ferait rire ma grand-mère, et elle seule. « Êtes-vous le docteur Patmosis ? – Non, je suis physicien nucléaire ».

Est-ce un ratage total ? Pas forcément. Ce n’est pourtant pas le rôle-titre, Louise Bourgoin, qui sauve cette histoire qui s’achève à juste titre sur le Titanic. Ses répliques qui se veulent pète-sec sont uniformément mitraillées, à bout de souffle, sans l’énergie nécessaire pour les articuler, et font de cette Adèle une personne qui ne tient pas en place non plus que son ptérodactyle. De même, ce ne sont pas les paysages parigotiques qui sauveront la mise : ah, Montmartre et ses moulins ! Ah, le Trocadéro ! (oui, le truc moche, pas le palais de Chaillot). Eh oui, Besson se Jeunétise et la narration qui ouvre le film, celle d’Amélie Poulain sans la grâce, sonne comme un sinistre augure des films à venir.

Il reste néanmoins deux scènes amusantes. Tout d’abord le pont-aux-ânes des films 1910 : l’inévitable guillotine. Quand on voit le traitement poseur, complaisant, l’heure-est-trop-grave-mes-frères-humains qu’en avait fait Jeunet dans Un Long dimanche de fiançailles, on craint le pire. Eh non ! Ce sont trente secondes de cartoon totalement invraisemblables, où le bourreau finit mal, qui sont absolument drôles. De même, fou rire garanti lors du match de tennis entre les deux sœurs, accoutrées de façon à transpirer par moins quinze degrés, chapeau compris. Ça commence gentiment comme une chorégraphie, un peu comme l’escarpolette de Watteau, puis ça devient sauvage et ça se finit mal, après la chute d’une épingle à chapeau défiant toutes les lois de la physique : la salle entière est pliée en deux.

On sait depuis le Cinquième Elément que Besson peut être bon lorsqu’il réalise des films volontairement crétins. Le Joker du Dark-Knight avait décidément tout compris : Luc, Why so serious ?
   
Pierre Schneider

Adèle Blanc-sec, de Luc Besson. Sortie le 14 avril 2010



Toutes les réactions (9)

1. 26/04/2010 03:57 - Danny

DannyUn peu trop gentil ce billet, j'ai perdu 10 euros et l'actrice ne m'a même pas consolé.

2. 26/04/2010 08:59 - Amaury Watremez

Amaury WatremezFinalement, la plupart des choses que vous n'aimez pas dans ce film viennent de Tardi, le chasseur, le bourgeois qui s'évanoui....
Depuis Amélie Poulain, on a tendance à comparer tous les films ayant Paris en toile de fond avec le chromo de Jeunet qui était largement frelaté, Besson restitue les paysages de la BD.
Quant à Louise Bourgoin, elle est tout simplement mauvaise actrice.

3. 26/04/2010 10:38 - Gil

Gil"Ah, le Trocadéro ! (oui, le truc moche, pas le palais de Chaillot)."

Je ne comprends pas cette phrase.

Si j'ai bien compris, l'humour du film est à la hauteur de l'humour des 3 Taxis. Bon. Parlant de Jeunet, cette adaptation aurait sûrement été meilleure dans les mains de celui-ci (le Jeunet de Delicatessen et des premiers courts, pas le Jeunet atrocement boursouflé et chiant du Dimanche de fiançailles).

4. 26/04/2010 17:19 - christinefd

christinefdC'est dommage de parler de cet non événement.
Je conseille "La Comtesse"au sujet de la vie d'Erzébet Bathory.
Même si la façon dont Julie Delpy traite le sujet peut -etre discutable on ne peut pas nier qu'elle sache filmer et jouer.
C'est un travail rigoureux.
Et puis se pencher sur la comtesse Bathory c'est diablement plus intéressant que "machine-truc "avec une miss méteo.

5. 26/04/2010 20:47 - temijin

temijinla sodomiser me dirais bien

6. 28/04/2010 00:30 - Dahlia

DahliaAh pour une fois, y a pas de héros qui pète la gueule à un gros black, c'est bien non?

(Remember Mozinor => http://www.youtube.com/watch?v=830X9G8txx4)

7. 29/04/2010 13:51 - eb77

eb77J'ai vu ce film hier soir et j'ai passé un très bon moment. Mélange de Tintin, Amélie Poulain et Indiana Jones très réussi. L'ambiance du film début de siècle dernier est délicieuse. Je le conseille. Chapeau à Besson qui se rattrape après son croutesque Jeanne D'Arc.

8. 30/04/2010 11:50 - mallory

mallory@eb77
Comme quoi les goûts et les couleur ne se discutent pas car en ce qui me concerne on peux penser ce que l' on veut du Jeanne D' Arc mais on ne peut remettre en question le jeux de Milla Jovovitch, je suis loin d' être une fan de ce type de créneau cinématographique, mais là, en Jeanne D' Arc permettez moi de dire qu' elle a sur mettre les couilles sur la table si je puis dire, elle a assuré la Milla.
Pour ce qui est de miss météo je suis désolé mais elle rentre dans la droite ligne des comédiennes d' aujourd' hui tel Cotillard, Sagnier, Mélanie laurent etc .... à savoir deux expressions de faciès à leur actif, zéro émotion, zéro tempérament, zéro rage, bref totalement insipides, dailleur elles font autant de pub que de cinéma, c' est pour dire leur sincérité et leur intégrité ....

9. 09/05/2010 13:33 - robert

robertcomplètement idiot

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Pierre Schneider par Pierre Schneider

Chroniqueur, éditorialiste Ring.

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Un peu trop gentil ce billet, j'ai perdu 10 euros et l'actrice ne m'a même pas consolé.

Danny26/04/2010 03:57 Danny
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