SURLERING.COM - OUTREMONDE - par Iowan - - le 08/02/2010 - 2 réactions -
Sur la côte, depuis la veille, la foule se masse entre Port St-John et Titusville. Des
centaines de milliers de personnes venues de tout le pays.
A quatre
kilomètres vers l'est, cinq hommes et trois femmes surveillent les
paramètres de l'engin sur leurs écrans de contrôle. 100 % nominal.
Le
soleil d’or en fusion lance ses derniers photons à l'assaut du fuselage
en alliage métallique de l'engin promis à la très haute altitude.
Mais pour l'heure, il est T-15 mn. Le commentateur de la Nasa rappelle la genèse de ce nouvel engin et son potentiel.
Une
commission d'experts sous la direction de Norman Augustine était
arrivée à cette conclusion : le programme Constellation, lancé par
Georges W. Bush, voulait « retrouver la gloire du passé avec la
technologie du passé ». Le 1er février 2010,
suite aux recommandations de cette commission, Barack Obama annula
Constellation. Pourtant, le premier élément, la fusée Ares 1, venait
d’accomplir avec succès son premier vol d’essai. Certains, et non des
moindres, appuyaient cette décision de tout leur poids (1). Charles F.
Bolden, Jr., administrateur de la Nasa, promettait dans la foulée une
nouvelle ère de découvertes et d'innovations (2), des dépôts de
carburants en orbite, la recherche d'un nouveau lanceur lourd, de
nouveaux moyens de propulsion. La Nasa s'était donné cinq ans d’études
et cinq de plus pour concrétiser les avancées retenues. Après une
rallonge des vols de la navette d’une année, les astronautes
rejoignaient l'orbite basse à bord de fusées russes et, plus tard,
celle de l'entreprise SpaceX. La Nasa contrôlait la fiabilité des
lanceurs privés, son expertise dans ce domaine n'était plus à démontrer.
Boeing
fut nommé pour l’étude d’un lanceur lourd. La firme partit du concept
créé par Lockheed-Martin pour le projet X-33 (3). Annulé en mars 2001,
ce véhicule devait, à l’époque, être le premier engin à un étage (4)
capable de relier l'orbite basse et revenir se poser sur Terre. La
cause principale de son abandon, la faiblesse du matériau du réservoir,
avait été résolue quelques années plus tard (5), sur fonds propres de
Lockheed-Martin. Tout était en fait déjà prêt. Il ne manquait que la
volonté politique, et bien entendu l'argent, pour faire décoller
l’oiseau noir et blanc. Des astronautes très expérimentés sur la
navette furent étroitement associés à la conception du nouvel orbiter
et de ses systèmes, comme à la grande époque d'Apollo.
Il est
T-5mn à l'horloge du compte à rebours de la Nasa. Le soleil a disparu
de cette partie de la terre, il nimbe encore le ciel d'un bleu profond
laissant transparaître les premières étoiles entre des cirrus bleu
acier. On devine un voile violine quelques étages plus haut. Tout
semble du plus grand calme.
Dans cinq minutes, ce serait le
début de la première mission. Les sept astronautes allaient s'envoler
pour rejoindre un dépôt de carburant qui attendait en orbite basse. Ils
devraient ensuite s'amarrer à l'ISS en fin de vie et procéder à une
sortie dans l’espace pour installer de nouvelles batteries sur la
station. Ce serait la dernière mission de ce type, après une rallonge
de cinq ans. L’autre partie de la mission consisterait à placer sur
orbite le premier module d’un nouveau prototype de transport à
propulsion plasma (6). D'autres missions devraient suivre, à un rythme
de une tous les quinze jours, pour construire et tester le cargo, vers
la Lune. Avec, à terme, en coopération internationale, l'établissement
de bases lunaires ; l’une en orbite et l’autre semi enterrée, au pôle
sud. A l'horizon d'une dizaine d'année, l’assemblage dans l’espace d'un
croiseur capable de relier mars et
ses satellites en moins de deux mois (7). Il était prévu de poser le
pied sur l’astre rouge dans quinze années maximum, en tenant compte des
surprises que pouvait réserver un séjour prolongé sur la Lune.
Il
est T-2 mn. Le directeur du vol appel ses opérateurs pour une dernière
chek-list avant d’engager la séquence automatique de démarrage. La
rampe de remplissage de carburant se détache de l’énorme fuselage en
delta. Alors que le temps mange les dernières secondes, un murmure
monte de la foule. T-20 secondes : les ordinateurs de bord prennent le contrôle des fonctions critiques de l’appareil. T-15 secondes : une incroyable quantité d’eau se déverse sous la plateforme de lancement. T-10
secondes : des gerbes d’étincelles jaillissent sous le moteur aerospike
(8) qui ébranle le site quatre secondes plus tard. L’eau déversée
absorbe l’onde de choc. Un nuage enveloppe le pas de tir. A T-00,
l’aerospike délivre toute sa puissance pendant qu’à quatre kilomètre,
et bien au-delà, une espèce renoue avec ce qu’elle est, une navigatrice.
Reste que cette histoire est loin d’imprimer nos systèmes nerveux dans le réel. Comment les États-Unis pourraient-ils développer pareil programme avec les déficits colossaux auxquels ils doivent faire face ? L’argent
est souvent l’argument de base pour contrer la conquête spatiale.
Certes, tout coute cher. Mais c’est sans compter les retombées
innombrables de la recherche spatiale dans notre quotidien. Quelques
exemples vont éclairer ce fait indiscutable. Les couvertures de survie
à l’apparence métallique que tout un chacun place dans sa voiture sont
de la même matière qui sert à la protection des satellites. Les airbags
sont issus des systèmes d’atterrissage des sondes lancées sur Mars.
Les panneaux solaires qui servent à alimenter en électricité les
satellites et les stations spatiales se retrouvent sur les toits des
maisons individuelles. Des systèmes de filtration des eaux usées très
performants, indispensables dans l’espace, reviennent aujourd’hui sur
terre, dans les pays qui en ont besoin. Les tissus ignifugés des salles
de spectacles, etc. Plus proche de nous, le micro-ordinateur et le
plastique. Micro-ordinateur né du programme Apollo, ainsi que les
commandes de vol électriques présentes dans les avions de lignes depuis
l’airbus A320. Le plastique est omniprésent dans l’espace, dès les
années 50 : isolation thermique, combinaison des astronautes, panneau
solaires, emballage des aliments, composants électroniques, etc. Sur
terre ça donne : les composites pour les avions, les voitures,
l’électroménager, les vêtements imperméables, les CD et DVD, les
joysticks de jeux vidéos, les souris, les claviers, etc.
Cette
vision de conquête de l’espace est sans doute une des seules qui
nous reste pour maintenir un excellent niveau d’éducation, d’innovation
et créer des centaines de milliers d’emplois. Gageons que cette
génération aura le cran de porter cet effort, sinon pour elle-même, du
moins pour ses enfants. Parce qu’on oublie vite certaines paroles :
"Nous voulons envoyer un homme sur la Lune non pas parce que c'est
facile, mais parce que c'est difficile!" John F. Kennedy.
NB : Cette tribune libre n'engage pas l'ensemble des chroniqueurs de Surlering.com.Aux « déçus » du sarkozysme.En France, nous avons toujours eu la gauche la plus nulle et la plus fourbe du monde...
Le manuscrit Satellite Sisters, suite de la Sirène rouge, des racines du mal et de Babylon Babies, est dans les airs entre Cape York et Paris, direction les éditions Ring. Le site officiel des...
« Mais si le Christ n’est pas ressuscité, vide alors est notre
message, vide aussi votre foi. » (1 Co 15, 14)
Encore une fois, Benoît XVI a tout dit.
Sans...
À propos du livre de Pierre-André TAGUIEFF, Wagner contre les Juifs (Berg International, 2012)Définir aussi précisément que possible l’antisémitisme de Wagner, sans tomber dans...
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