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"Le Casse du siècle" (volume 1)

SURLERING.COM - MURDER BALLADS - par Jack Olivier Laffay - le 27/06/2004 - 0 réactions - Facebook Twitter Wikio print.jpg, 760B

Le gang de la "Brise de mer" : des innocents aux mains sales

Au terme de quatorze ans de procédure, le gang de la « Brise de mer », impliqué dans le hold-up du siècle, a été mis hors de cause. Faute de preuve comme le reconnaît l'avocat général, Philippe Berger[1] : « A partir du moment où nous n'avions rigoureusement aucune certitude sur l'identité des braqueurs dans les locaux de l'Union des Banques Suisses, il semblait logique et inévitable d'acquitter. »

Quel que soit le verdict, le mystère de la destination de l'argent demeure. Vingt millions d'euros. Cent vingt-cinq millions de francs dérobés le 25 mars 1990. Aucun centime n'a été retrouvé. Remonter aux auteurs, me dites-vous ? C'est ce qui fut tenté, sans résultat. Les auteurs ne furent jamais formellement identifiés. Pas vus, pas pris.


Cette affaire a perdu sa dimension réelle pour entrer dans la fantasmagorie des polars : des voyous chevronnés se défendant comme des beaux diables, des délinquants amateurs qui se révèlent plus pervers qu'ils en ont l'air, des complices plein de duplicité, des témoins opportuns, une justice liée par la légalité... C'est la traversée des apparences qui rejoint la Suisse à la Corse. Un jeu dangereux qui oppose des adversaires redoutables. La justice n'est qu'un trouble fête au milieu d'une partie très sérieuse à l'issue de laquelle on touche le pactole. Tous les moyens sont bons, surtout les plus tordus. Chacun compte ses points et ceux d'autrui. On échange son propre jeu avec celui du voisin dans le but d'avoir les meilleures cartes. On passe aussi rapidement du statut de victime à celui de coupable pour redevenir aussitôt innocent. Il s'agit de tromper l'adversaire pour avoir un coup d'avance sur lui. C'est le pari de Faust : risquer l'atout suprême dans l'intention d'avoir une main d'avancesur ses partenaires hésitants quitte à tomber de plus haut à l'heure du grand règlement de comptes...

En attendant l'heure fatidique, commençons par les préliminaires : le récapitulatif des faits. Quellien peut-on d'abord établir entre la Corse et la Suisse ? L'argent. Pour pasticher le fameux slogan des années soixante-dix en faveur des économies d'énergie, je dirais qu'en Corse on n'a pas d'argent mais on a des idées. Or la Suisse a beaucoup d'argent pour ceux qui ne manquent pas d'inspiration et qui savent faire preuve d'un véritable savoir-faire. Et les prévenus n'en manquent pas dans le domaine criminel. Ilssont rattachés au gang mythique de la « Brise de mer » qui, d'après l'avocat général, est «  l'organisation, sur le plan de la gravité, la plus malfaisante de France. »[2]

Mais il sera fait plus tard la description de cette société, dupliquée depuis le modèle mafieux en Corse, pour mieux souligner l'implication des accusés de l'Ile de Beauté dans la réalisation du forfait suisse en démontrant que les méthodes employées furent déjà éprouvées avec succès en France. Concentrons-nous auparavant sur les auteurs supposés du casse et présentés devant la justice insulaire. En effet, ce sont à la suite de démarches - qu'on peut assimiler à de la para criminalité, lancées par les Corses que très vite l'idée du casse va émerger dans leurs esprits.


Hold up de l'UBS : un marché de dupes


Maître Bertozzi, avocat niçois, dont la déontologie, nous le verrons, est, à l'image de la justice rendue à Nice, quelque peu singulière et fluctuante en fonction des intérêts qu'il défend, fait rencontrer deux de ses clients. Il appelle un dénommé Tarabucci, marchand de biens dans les Vosges, qui présente l'intérêt notable d'entretenir des relations professionnelles approfondies et constantes avec l'établissement bancaire suisse, connu sous le sigle d' U.B.S[3]. Maître Bertozziest donc l'intercesseurentre Tarabucci et André Benedetti qu'il présente comme ayant une agence immobilière et le souhait de procéder à un placement financier discret. La Suisse, qui a élevé le secret bancaire au titre de principe, présente toutes les garanties nécessaires à ce genre d'opération : le transfert de deux milliards de lires,soit le résultat d'une évasion fiscale,qui est par ailleursun sport national en Italie.Or Tarabucci a de nombreux contacts avec la sous direction des matières précieuses. Il ne voit pas d'inconvénient à favoriser l'opération d'autant plus qu'il avait été convenu d'une commission en cas deréussite du transfert. Or, le volumeque représente deux milliards de lires en liquide rend le passage à la frontière difficilement inaperçu. Pour faciliter l'opération,Tarabucci fait rencontrer Michel Ferrari qui a l'habitude de procéder à ces manoeuvres détournées.

La réunion a lieu dans un night-club à Genève auquel se joint Jacques Patacchini. Celui-ci, business partenaire d'André Benedetti (ils sont tous les deux directeurs commerciaux d'une société d'ameublement), vient rechercher un financement pour un projet immobilier en Corse. Très vite une connivence s'instaure entre ce Savoyard et ces deux Corses. Jacques Patacchini et André Benedetti ont le sens de leurs intérêts et savent flatter un homme dont ils sentent qu'il a une revanche à prendre sur la vie. Il faut dire que Michel Ferrari avait tant espéré de la Suisse, un Eldorado à portée de main.Tout l'argent du monde choisit ce pays comme villégiature cossue. Marié à une Suisse, il se contente de voir cet argent sans avoir le plaisir de le toucher. Il reste l'entraîneur de l'une des salles de sport les plus huppées de Genève. Il ne supporte plus de la part des adhérents cette familiarité pleine de condescendancequi cherche à entretenir l'illusion d'une relation dessillée de tout préjugé social mais qui au contraire ne fait qu'accentuer la distance qui sépare ceux qui tirent le pouvoir de l'argent, des autres. Or, pour franchir cette frontière intangible, il lui suffirait d'une opportunité pour enfin appartenir à ce milieu de privilégiés dont il est un prétendant éconduit. Et cette opportunité se présente grâce à la rencontre de ces deux Corses.

« Vous savez que ma femme travaille à l'UBS mais je vous apprends peut-être qu'elle est la secrétaire de l'un des principaux directeurs de l'établissement... » dit Michel Ferrari ingénument à André Bénedetti et à Jacques Patacchini qui restent de marbre par prudence mais qui fixent avec davantage d'attention leur interlocuteur. « Il serait très facile pour moi d'obtenir toutes les informations nécessaires pour faire un coup de maître. J'ai l'idée mais il manque la manière et l'expérience », poursuit Michel Ferrari. « Pour qui nous prends-tu pour raconter tout ça ? » demande Jacques Pattachini de sa voix sourde et rauque. « Des hommes capables, reconnus par l'épreuve des faits. Des hommes intelligents, à même de s'apercevoir de l'importance d'une affaire en or : profit énorme, risque nul », avance Michel Ferrari comme argument fondamental pour emporter l'adhésion de deux partenaires aussi exigeants que méfiants. Ils veulent des garanties autant que possible. « Je peux vous donner tous les codes des coffres qui se trouvent en sous-sol », assène-t-ilcomme dernier coup fatal à sa tentative de séduction. A leur silence plein de recueillement, Michel Ferrari comprend qu'André Benedetti et Jacques Patacchini sont conquis par cette idée, par SON idée. Il apporte son verre auxlèvres avec le rêve d'un gamin dans les yeux et répète en riant : « Ce sera le casse du siècle, ce sera le casse du siècle... » André Benedetti et Jacques Patacchini le regardent sceptiques et amusés.

Le transfert des deux milliards de lires n'aura jamais lieu pour des raisons obscures au grand dam de Tarabucci qui ne touchera pas la commission qu'il escomptait. Ce temps n'est pas perdu pour tout le monde. Michel Ferrari recherche des complicités afin de permettre une réalisation sans bavure de l'opération. Aucun des détails ne doit être éludé. Dans cette organisation qui doit être irréprochable, il va s'appuyer sur deux relais fondamentaux : Lorenzo Chochanski et Sebastian Hoyos.Lorenzo Chochanski, par ses fonctions, lui fournit un plan des salles des coffres et du système des alarmes, que Michel Ferrari prend soin de recopier. Sebastian Hoyos, de garde le 25 mars 1990, ne devra pas donner l'alarme. Pour se faire, Michel Ferrari n'a pas beaucoup de mal à lever leurs réticences tant ils ont besoin d'argent. Il joue sur deux tableaux en soulignant l'importance du gain par rapport au faible risque encouru et en exagérant leur contribution dans le succès de l'opération : « Tu dois faire peu de choses somme toute. Ce n'est pas nous qui prenons des risques et pourtant il a été convenu que 50% du butin revienne à chacune des deux équipes. De toute façon, si tu refuses d'y aller, je préfère renoncer. Je ne fais confiance qu'à toi pour ce que je te demande. » Grâce à la place privilégiée qu'occupe son épouse auprès de la direction d'UBS, Michel Ferrari obtient quant à lui très rapidement les codes des coffres. Le plan se met en place, il ne manque plus que l'intervention des corses.

André Benedetti, par la suite, ne quitte plus la Corse depuis laquelle il pilote l'ensemble des opérations. Jacques Patacchini, sur le terrain, prend le relaisen prenant en main la direction des évènements. Il gère l'opération mais ne procède pas à l'exécution du hold-up. Petite entreprise familiale, cette mission est confiée à son petit frère Joël Patacchini qui mène l'équipe pendant le hold-up. Malgré ses qualités sur le terrain, il a besoin de s'appuyer sur un homme fiable, un spécialiste du braquage. L'organisation de la « Brise de mer » lui fournit Jacques Chevrière, une pointure issue du milieu marseillais avec laquelle l'organisation avait travaillé. Mêlé à un braquage en 1982, dans lequel était impliqué un autre membre de la « Brise de mer », il est repéré et retenu sur le hold-up par André Benedetti et François Santouchi, parrain de l'organisation. Pour renforcer l'équipe, ils sont rejoints parun fidèle de la « Brise de mer » Richard Casanova, qui ne sera jamais arrêté, et par quelques autres personnes qui ne seront jamais identifiées.

Les choses s'accélèrent. Nouveau voyage à Genève le 17 mars 1990 pour Jacques Patacchini. Jacques Chevrière l'accompagne pour l'occasion. Au cours de ce déplacement, Jacques Patacchini assume son rôle d'organisateur par un repérage des lieux et par la mise au point la stratégie en vue du hold-up. Dans cette démarche, il s'appuie sur l'acquis de Jacques Chevrière qui est un spécialiste. Avant tout,pour Michel Ferrari, cette rencontre lui sert d'alibi pour prendre à leur insu en photographie Jacques Chevrière, Jacques Patacchini en sa compagnie à Genève. A-t-il l'intuition que cet argent pourrait lui échapper ? Il se méfie tout de même de ces caïds. Il a bien conscience qu'encore une fois il apparaît comme un amateur dans ce milieu avec seslois et ses interdits. Cette photographie, comme l'arme nucléaire, n'a pas vocation à être utilisée mais doit rester une menace en cas de mauvaise volonté du clan de corse dans le partage. Il demande donc à Lorenzo Chochanski de les prendre en photo au moyen d'un téléobjectif dans le cas où « il m'arriverait quelque chose.» Couvert par cette photo, il se sent désormais assez fort dans ce milieu criminel qui en fait le dépasse plus qu'il ne le croit.

La date fatidique approche. Le 24 mars 1990, dans un appartement loué par les soins du beau-frère de Michel Ferrari, se réunissent Michel Ferrari et son épouse, les frères Patacchini, Jacques Chevrière, Sebastian Hoyos ainsi queLorenzo Chochanski pour faire une dernière mise au point du hold-up du lendemain. Chose curieuse, d'après le témoignage de Lorenzo Chochanski, les partenaires en question portent des postiches. Le 25 mars 1990, un dimanche matin, une équipe pénètre au sein de la banque UBS. Ils neutralisent le gardien, Sebastian Hoyos, en l'assommant sans qu'il ait eu le temps comme convenud'amorcer l'alarme. Ils rentrent dans la salle des coffres en ayant mis hors d'état le signal d'alarmes. Pendant une heure quarante, ils nettoientles coffres en les ayant préalablement ouvert au moyen des codes obtenus : 125 millions de devises étrangères (dollars, francs, livres, marks etc....) . Exception notable, les francs suisses sont restés dans les coffres.

Mission réussie ?Michel Ferrari attend fébrilement un coup de fil dans l'après-midi de Jacques Patacchini lui confirmant que l'argent se trouve en dépôtdans l'appartement. Michel Ferrari reste devant son téléphone l'après-midi et le soir sans qu'il ne sonne. La radio ou la télévision ne mentionne rien. Pas de nouvelle, bonne nouvelle ? Pour acquitter sa conscience dévorée par le doute, Michel Ferrari se rend sur place. « Je ne comprends pas. Il n'y a rien. L'appartement est vide. Pourtant le hold up s'est réalisé comme prévu, il y doit avoir un malentendu. Je vais partir à la recherche des Corses pour récupérer la part qui nous revient. J'irai là-bas si besoin est », dit-il à Lorenzo Chochanski, cherchant à connaître des suites du casse. « Je m'occupe de tout. Fais-moi confiance. Reste tranquille surtout», recommande Michel Ferrarri à Chochanski qui, au fur à mesure que se déroule l'enquête, va tomber dans une prostration nourrie par l'angoisse et la culpabilité.

Lundi matin, la révélation du hold up est faite à la presse. Michel Ferrari ne doit pas perdre de temps. Il faut remettre la main sur les Corses. Il faut remonter le fil en commençant par Tarabucci qui est à l'origine de la rencontre de Michel Ferrari avec les Corses. « J'ai fait une grosse connerie. J'ai pété les plombs. Le casse de l'UBS, c'est moi. Enfin pas seulement, les Corses y sont mêlés. Je crois qu'UBS passera l'éponge si on rend l'argent mais les Corses se sont tirés avec tout le fric. Je ne sais ni comment ils s'appellent, ni où ils habitent. Je veux les retrouver. Toi, tu connais leur avocat. Vous partagez le même ?» Tarabucci tombe des nues et trouve cette amitié dorénavant bien trop compromettante pour poursuivre une relation qui peut mettre à terme sa collaboration fructueuse avec UBS. Ce dernier essaie de se faufiler par des excuses biaisées ou par des omissions dilatoires. Michel Ferrari l'interrompt et le menace : « Tu n'as pas bien compris. Je te rappelle que c'est toi qui es à l'origine de tout. Crois-moi si je tombe, tu tomberas avec moi et je t'enfoncerai, disant que tu es le cerveau du hold up. C'est l'intérêt de tout le monde que l'argent soit rendu. » L'argent ne sera jamais retrouvé mais en revanche les auteurs présumés sont progressivement arrêtés, jugés et condamnés pour l'équipe suisse, en contrôle judiciaire ou en détention provisoire pour l'équipe française. Ainsi, pour reprendrele titre d'un célèbre film d'Alfred Hitchcock, le crime était presque parfait. Cette affaire trop bien huilée connaîtune défaillance, un dérèglement dans son processus. Les Corses ont en effet sous-estimé la vénalité de Michel Ferrari qui est à la hauteur de sa suffisance cequi conduira donc tout le monde à sa perte.

Aucune preuve formelle et pourtant tout accuse les Corses quant à leur implication dans le hold-up. Ils n'ont été ni identifiés formellement, ni pris en possession des sommes dérobées. Cependant, même en l'absence d'actes matériels qui attestent de façon incontestable de leur culpabilité, nous sommes en face d'un système structuré et cohérent qui démontre dans sa logique la responsabilité des Corses dans les actes préparatoires, dans la réalisation et dans la destination de l'argent. Cette conviction est le résultatconjugué d'un marqueur des méthodes employées par le gang de la « Brise de mer » que l'on retrouve dans chacune des étapes du hold-up, et de dénonciateurs qui par leur témoignage nous restitue le rôle exercé par chacun des Corses.



le gang de la Brise de Mer : organisation adoubée par la Mafia


On peut apprécier l'agissement des Corses à l'aune de l'expérience du Gang de la « Brise de Mer » qui a développé une criminalité organisée spécifique. Or beaucoup points de similitude à des crimes et délits attribués au Gang de la « Brise de Mer » se retrouvent dans la réalisation du hold-up. Avant d'aller dans les détails, il faut connaître ce que recouvre cette entité qu'on appelle abusivement ou, en tout cas par facilité, le Gang de la « Brise de mer. » Ce nom poétique recouvre enréalité l'existence d'une société polymorphe et omnisciente en Corse qui détient de nombreux intérêts économiques sur l'Ile de Beauté et qui bénéficie de nombreux et de paradoxaux soutiens politiques.

Pour remonter à la genèse de l'organisation, le développement du Gang de la « Brise de mer » est le résultatd'une infection insidieuse. Aujourd'hui, le Gang de la « Brise de mer » est tellement ancré dans le paysage corse que s'il y avait une véritable volonté politique d'éradiquerce mal criminel, la Corse ne le supporterait pas. Initialement, ce gang réunit une petite bande de voyous, issus d'un petit village appelé La Porta près de Bastia, qui ont sévi à la fin des années 70 et début des années 80 dans des braquages mineurs. Progressivement, cette équipe va adopter une nouvelle technique criminelle sur laquelle ils vont asseoir leur puissance : au lieu de faire comme leurs aînés qui se sont expatriés sur le continent pour faire leurs affaires délictueuses, cette nouvelle génération préfère rester sur l'Ile et prospérer en investissant le produit de leurs infractions dans le circuit économique local.

Cette puissance est consacrée par la reconnaissance de la Mafia, Eglise de la criminalité organisée dont le Gang de la « Brise de Mer »se révèle un bonmissionnaire pour étendre le champ d'influence du grand banditisme. Cette intronisation dans le Saint des saints du Crime a lieu en 1981 au cours d'une réunion au sommet à l'hôtel Negresco à Nice qui a réuni les chefs des grandes familles qui composent la Mafia : Cosa Nostra, Ndrangheta, Camorra, la famille new-yorkaise de Gambino et le Gang de la « Brise de mer. » A cette réunion, il faut décider de la répartition des activités criminelles en France et du recyclage de l'argent sale. Dans ce nouveau système, en France, le Gang de le « Brise de mer » est la pierre angulaire.

On peut comprendre l'implantation de la « Brise de mer » dans le paysage criminel français en raison d'amitiés et de compromissions politiques locales qui ont permis à la « Brise de Mer » de faire de la Corse une place inexpugnable. Terre de mission du gaullisme, il n'est pas étonnant de retrouver les frères Patacchini aux côtés du RPR. Pas sur les estrades mais dans les arrières salles, pour les mauvais coups. On est toujours reconnu pour ses talents. Les frères Patacchini sont de bons petits soldats au sein du SAC, officine barbouzarde gaulliste qui s'est illustrée par l'alliage sulfureux d'authentiques voyous et de policiers anti-communistes forcenés.


Ils sont toujours présents pour les collages électoraux où il faut donner le coup de poing, ou pour impressionner des adversaires récalcitrants ou des alliés embarrassants en utilisant des méthodes autrement plus perverses... Pierre Pasquini,ancien maire de l'Ile Rousse, et ministre délégué aux anciens combattants des gouvernements Juppé,doit beaucoup au dévouement Frères Patacchini qui prenaient la peine avant les élections de visiter chaque famille pour rappelerpour «  qui » il faut voter. Le gang de la « Brise de mer » a eu l'intelligence d'élargir son audience à tous les partis confondus si bien que 80% de la classe politique corse est sous son influence. Parmi les 80%, il faut comprendre les nationalistes avec lesquels le gang de la « Brise de mer » a passé un pacte de non-agression. Il faut dire qu'ils occupent le même terrain de l'extorsion de fonds, les uns avec l'impôt révolutionnair



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